10 mai 2012

Temoignage 2-

Men sa klèb We-lead chanje lakay mwen :


     Mwen vinn konn sa mouvman feminis la ye e mwen goumen jik mwen debarase m de tout prejije mwen te genyen sou feminism.

     Mwen vinn konn dwa m antanke fanm. Sa vle di mwen vinn konsyantize e dezalyene. Anmenmtan mwen kòmanse goumen pou jwenn dwa m ke sosyete a bafwe.


     Klèb We-Lead fèm konsyant mwen se yon viktim de yon konstriksyon sosyal. Paske mwen te moun avan mwen te fanm. Anmenmtan, li ede m libere lespri m de stereyotip ke yo konstwi avèk li a, epi reziste ak presyon sosyal yo.

Pou m fini, klèb We-Lead fè m konprann vyolans sou fanm pa yon fenomèn izole men yon fenomèn ki lye ak politik, ekonomi, ledikasyon, ect...


Edwige Bien-Aimé, Etudiante Pychologie Science Humaine.

9 mai 2012

Temoignage 1




Mwen salye nou epi remèsye nou nan We-lead pou bon fòmasyon sa yo nou bay a jèn yo, sitou fanm yo. Depi mwen vini nan klèb la, mwen vin yon lòt moun paske mwen te dakò ak tout bagay, men kounye a gras a We-lead, mwen pap aksepte nenpòt bagay.


Kounye a mwen ka di mwen se yon feminis : Mwen te panse ke tout kote ki gen fanm sèlman se madivin antan ke feminis mwen paka panse konsa ankò.Mwen te konn jije masisi yo mal men kounye a se diferan. 



Mwen te dakò ak kondisyònman. Men kounye a, mwen pap aksepte l, paske mwen se mèt tèt mwen, se pou sa m fèt. 


Se fanm prive m te ye, kounye a mwen se fanm piblik paske m gen aksè soti pou m pran fòmasyon. 
Anplis, mwen gen linèt feminis pou m di ke sa ke moun yo ap fè a pa bon. Kounye a, mwen ka di fòk gen parite se pou nou an kantite epi ankalite !


Rosemonde Mathurin, de L'orage 94

12 avril 2012

29 mars au 6 avril


Haïti/législation

Jeudi 29 mars 2012 a marqué le 25e anniversaire  de la constitution de 1987. Constitution qui fait couler beaucoup d’encre et qui, par ailleurs, malgré l’effort conjugué des féministes n’arrive pas à garantir équitablement les droits de tous : des femmes autant que des hommes… Au fait, on se demande combien de lois votées en défaveur des femmes est-on prêt à reconsidérer pour marquer le début de ce nouveau ère?

Le mouvement des femmes haïtiennes pour le développement (MOUFHED), s’est réuni à Fanny Villa en cette circonstance autour d’un atelier qui devait questionner le droit de la famille et la situation de la femme par rapport à la justice haïtienne. La pertinence de la « Corbeille législative des femmes haïtiennes » éclairci le sujet et enfonce le doigt dans la plaie : les femmes n’auront pas un ouf tant que notre système judiciaire ne votera pas des lois d’applications.  Il faut que soient en vigueur des lois qui puissent concrétiser les possibilités que nous offre la mère des lois.

 Haïti / Droits humains

Plusieurs activités ont été entreprises, ce mardi 3 avril à l’occasion de la journée nationale des femmes.
Le bureau de la femme démocratique a tenu une conférence de l’aéroport international Toussaint Louverture dans laquelle le premier ministre désigné Laurent Lamotte  a pris part. Ce dernier promet que les femmes auront une grande visibilité dans son équipe si toutefois il arrive à avoir la bénédiction des parlementaires. On devine déjà à quel résultat s’attendre lorsqu’on tient compte de l’insignifiante présence des femmes au niveau du parlement… Mais, bon, il y a là toutefois une lueur d’espoir.

Le Ministère à la Condition Féminine (MCFDF) et la Minustah ont inauguré trois centres d’accueil pour encadrer les femmes et les filles qui subissent des violences sexuelles dans les camps. Respectivement aux camps de Carradeux, Golf club de Pétion-Ville et Parc Jean Marie Vincent. L’intention est à féliciter mais le partenariat est à questionner. Pourquoi se mettre avec la Minustha qui compte à son actif des viols et d’abus à caractères sexuels sur des mineurs (filles et garçons) pour la réalisation d’un tel projet ?...
Crée depuis novembre 2005, aujourd’hui la Coordination Nationale des Affaires Féminines et des Questions de Genres au sein de la PNH a enfin un bureau et des centres en présence de la ministre à la condition féminine Yanick Mézil et la première dame de la république Sophia Martelly. Ce n’est pas trop tôt !
Elles ont pris tour à tour la parole et à en croire leur dire, cette initiative à été prise en vue de rétablir un état de droit dans les affaires de genres et mettre fin à l’impunité. Qu’il en soit ainsi !

International / Droits humains

Vendredi 06 avril dernier une enfant de 10 ans accouche par césarienne en Colombie. Ce fait indigne celle ou celui qui l’apprend mais tel ne sera pas sa surprise d’apprendre que le père ne risque pas de se faire poursuivre par la justice puisque le tribut d’où ils viennent l’autorise et l’état colombien accorde à ce tribut une certaine autonomie. Qu’en disent et font la Unesco et l’Onu-femme dans cas pareil ? A l’âge de s’amuser et d’aller à l’école, cette enfant est mère et s’occupe d’un bébé, et va aussi être responsable d’une famille à son retour de l’hôpital…

9 avril 2012

7 au 15 mars



Haïti/Education 

Du 7 au 9 mars 2012, une série de conférences-débats ciblant près de 300 écoliers-res de différentes institutions de la région de P-au-P, a été organisée par l’Unesco pour lutter contre le VIH/SIDA et promouvoir l’équité de genre en milieu scolaire.
Parmi les différentes interventions, on a relevé le fait que le système éducatif haïtien représente le vecteur de la reproduction du machisme et du sexisme chez les jeunes.
Ces conférences sont bienvenues si l’on considère qu’entre VIH/SIDA et l’inégalité de genre se noue une relation de cause a effet qui fait que les inégalités économiques et sociales dont les filles et les femmes sont victimes les rendent plus vulnérables face eu VIH/SIDA qui en retour se nourrit et contribue également à ces inégalités.  

L’organisation Mondiale de la Santé cite quelques causes de cette relation. Par exemple  «les normes de genre permettent aux hommes d'avoir plus de partenaires sexuels que les femmes. […] Les relations sexuelles forcées […] Les femmes ne sont parfois pas bien informées du lien qui existe entre la sexualité et l'épidémie du VIH/sida parce qu'elles ne sont pas "censées" avoir une bonne connaissance de la sexualité; les hommes ne sont parfois pas bien informés non plus car ils sont "censés" tout savoir sur la sexualité [...] Les femmes n'ont pas le pouvoir d'imposer leur point de vue [...] Beaucoup d'hommes contrôlent les finances de la famille et l'accès des femmes aux soins de santé [..]…


Joseph Delouis Dutreuil, dans sa mémoire de sortie, Université D'Etat D'Haïti, Faculté des Sciences Humaines (FASCH) - Licence en Psychologie 2007 mentionne que : «l'un des premiers effets de la pauvreté dans la propagation du VIH/SIDA c'est surtout la diminution de l'autonomie de l'individu. Car autant que l'individu se retrouve dans des situations de privation c'est autant qu'il risque d'accepter de faire n'importe quoi juste pour pouvoir répondre à certains de ses besoins. D'où la personne de situation socio-économique défavorisée devient privée d'un ensemble d'atouts nécessaires à pouvoir s'imposer dans une relation. Cette situation a un plus grand effet sur les femmes que les hommes, dans la mesure où notre système socio-économique place la femme en situation d'exploitée. ».
Plus loin, il cite Colette Vilgraine dans: Impact économique du VIH/SIDA en Haïti, secteur par secteur. Analyse de la réponse préparée par Pour l'ONU/SIDA, décembre 2006, page 5  qui écrit : « La pauvreté, les inégalités de genre ont limité la capacité des femmes à négocier l'utilisation du condom lors des relations sexuelles, favorisant ainsi l'extension de l'épidémie, au début à prédominance masculine vers la population féminine ».
Bien que cette initiative de l’Unesco est louable La question qu’on pourrait poser c’est : y a-t-il des dispositions prises par les autorités pour, au moins, réduire ces inégalités ?

Politique

Plus d’une centaine d’associations de Femmes ont organisé un forum le 15 Mars 2012 dans la ville du Cap Haïtien sous le thème « Fanm se poto mitan pou devlopman Gran Nò a (La femme, pilier du développement du Nord)». Sous le patronage de USAID/OTI et le  Ministère à la Condition féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF), les femmes ont formulé leurs revendications dans un document afin d’être acheminé aux autorités concernées.
Pouvons-nous  espérer un revirement de la présidence dans la situation d’exclusion de la politique et de l’économique des femmes ?  En tout cas, la première Dame, présente en la circonstance encourage les femmes à se mettre en association et souhaite la réduction des barrières socio-politiques et économiques qu’ont toujours affrontées ces femmes.

De grands projets sont en cours dans la région du Nord, tels que, l'aéroport du Cap-Haïtien, l'Université de Limonade et le Parc industriel de Caracol, quelle politique d’intégration des femmes dans ces projets pouvons espérer ?


Par Sophonie Maignan et We-Lead.


21 mars 2012

12-16 mars 2012

Informer pour Corriger / Actualités  au Féminin                        

Informer sur les questions relatives aux femmes revêt une importance capitale à l’aire du développement des nouvelles technologies ou les informations sont accessibles et révèlent les violations et les progrès dans la lutte pour le respect des droits des femmes. C’est une occasion que saisit We-Lead pour présenter cette page d’actualités féminines et féministes hebdomadaire en vue d’aider les femmes haïtiennes dans leur cadre de plaidoyer pour la participation des femmes à tous les niveaux.

Nous remercions toute personne qui nous aide a mener cet objectif sachant que nous serons, nous les femmes et la société entière les principales bénéficiaires des retombées de ce travail. Nous remercions l’équipe de communication du club membership de We-Lead, spécialement Sophonie Maignan pour son aide de compilation d’informations. Bonne lecture et prenez position! 

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Les incendies à répétition qui ont lieu ces dernières années dans les marchés de la capital continuent d’appauvrir les femmes exclues de l’économie haïtienne fortement genrée et discriminatoire qui relègue les femmes dans des secteurs moins prometteurs, tel le secteur dit informel. Ce secteur qui représente «80 % de l’économie nationale et qui regroupe plus de 80 % de femmes», selon un article de « LE MATIN du 2 mars 2012 remplit pourtant les caisses des mairies, élèvent des enfants sans pères, bouche un petit creux de la béance du chômage féminin nourrit une grande majorité de foyer de personnes offrant leurs services aux abords des marchés.
Malgré les diverses mesures de recapitalisation annoncées par les responsables de l’Etat, les femmes ont encore manifesté la semaine dernière. De nombreuses commerçantes victimes de cet incendie se mobilisaient pour réclamer des actions de l’Etat en leur faveur. A quand une suite heureuse ?                                                                                   
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Justice
La doyenne du tribunal de première instance, Marie Jocelyne Cazimir, a été transférée à la Cour d’Appel comme nouvelle juge. Juridiction avant la Cour de Cassation, la plus haute instance de justice du pays, cette Cour siège en collège de trois juges pour chaque affaire.  Elle constitue un avant dernier recours pour toute interjection d’appel dans les cas traités dans les instances inférieures.

Cette nomination représente un pas positif pour les femmes haïtiennes. La juge Cazimir suit les pas de la juge Nora Jean Amilcar et d’autres femmes qui ont intégré le système judiciaire a un si haut niveau. 

Il faut remarquer que la Cour de Cassation, la plus haute instance de justice reste un défit pour les femmes. Le Nouvelliste du 1 mars 2012 présente en première page les 11 membres de la cour de Cassation dont une femme,  Me. Windelle Coq Thelot.

Le passage de Me. Marie Jocelyne Cazimir a été marqué par la lutte contre la corruption et la détention préventive prolongée. Dans ces prises de paroles publiques, elle mettait tous et toutes en défit de la corrompre comme pour conjurer les blocages des stéréotypes sexistes et des préjugés de toute sorte dans plusieurs milieux de socialisation en Haïti qui excluent les femmes de la vie publique. 
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Le RNDDH annonce la montée du taux de l’insécurité au cours de ces derniers jours. Le RNDDH fait état de 130 personnes mortes par balles ; 6 par armes blanches ; 2 par lapidation ; et 9 par calcination. Comment les femmes s’en sortent-elles ?

Selon l’étude de Ju Yon Kang dans  :The Hidden Epidemic: violence contre les femmes en Haïti»,  sortie Avril 2011, il existe une relation cyclique entre la violence contre les femmes et le climat d'insécurité en Haïti. Dans cette étude, Ju Yon Kang montre que de la montée de l’insécurité résulte une crise d’identité masculine et la féminisation de l’insécurité qui facilite la violence contre les femmes en Haïti et qui conduit à des traumatismes comme conséquences de la violence.  


Depuis le début du féminisme en Haïti, les revendications des femmes exigent que les Parlementaires adaptent le cadre juridique haïtien aux différentes conventions internationales ratifiées par Haïti relatives à la lutte contre la violence faite aux femmes, telles La Convention Contre toutes les Formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDAW), adoptée en 1979 et mise en vigueur en 1981, et la Convention Belem Do Para pour Prévenir, Sanctionner et Éliminer la Violence Faite aux Femmes, adoptée en 1994, et ratifiée par les Parlementaires haïtiens-nes en 1996.


L’un des progrès de ces luttes a été le décret du  6 juillet 2005 modifiant le régime des agressions sexuelles et éliminant en la matière les discriminations contre les femmes dans le Code Pénal. Ce décret  a été adopté et publié dans le Moniteur du 11 août 2005.

On a raison de dire que la lutte des femmes est la lutte pour tous et toutes si l’on considère que les agressions sexuelles contre un jeune garçon de 19 ans à Port Salut (ville située dans le département du Sud d’Haïti) par les casques bleus ont été réprouvé et puni grâce justement à ce décret. Un an de prison, peine insuffisante disent plus d’un, mais obtenue grâce à la mise en place d’un cadre légal qui été possible grâce aux maintes efforts des femmes pour se protéger contre une violence déclarée « atteinte à la pudeur » dans les règlements antérieurs.




Par: We-Lead avec l’aide de l’équipe de communication de son club membership.

23 février 2012

Confidences de Confidentes

Je ne sais pas si j’ai une tête de psy mais mes amies se confient toujours à moi.
C’est peut-être parce que je suis une oreille attentive toujours prête pour être à l’écoute des autres ...

En tout cas, de toutes celles qui se sont confiées à moi, il y a deux de mes amies qui m’ont considérablement marquée.
La première Emma, je l’ai connue à l’école. On était toutes les deux nouvelles et on était dans la même classe. On s’est très vite liée d’amitié.

Et bien sur, elle n’a pas mis du temps pour me raconter tout sur sa vie, sa famille et surtout son petit ami. Elle était très amoureuse de ce dernier et me parlait de lui avec une telle passion que j’avais eu, des fois, l’envie d’avoir un petit ami moi aussi. Mais ça, c’est une autre histoire... [lolll]
L’autre est bien Jenny. Je la connaissais un peu avant Emma. Elle habitait le quartier voisin du mien  et on est devenu amies du fait qu’on partageait la même passion pour la lecture, l’écriture et les médias. Mais nos horaires ne nous permettaient pas de nous voir souvent, seulement, une fois par semaine à la réunion du Club littéraire de la bibliothèque adjacente à nos deux quartiers.

Alors, on avait pris l’habitude de tchater tous les après-midi.
Fidèle à cette tradition, cet après-midi là, comme tous les autres, d’ailleurs, je m’étais empressée pour rentrer à la maison après l’école. Et une fois mes leçons sues et mes devoirs faits, je m’étais emparée de mon phone pour taper l’une de ses phrases magiques qui débutaient toujours la conversation :
‘’Hi sista! Comment vas-tu ?’’
Elle n’avait pas tardé à me faire sa réponse.
‘’Salut ma chérie ! Je vais bien! Je suis heureuse ! Tu ne peux pas imaginer !… Et toi, comment vas-tu ?’’
Comment j’allais, moi ? Elle le saurait assez tôt mais j’étais curieuse de savoir ce que cachaient ces trois points de suspensions.
‘’Dis-donc, qu’est-ce qui te rend si heureuse, hein ?’’
‘’Ben, je vais te confier quelque chose : j’ai un amoureux et tu le connais.’’
    De plus en plus curieuse :
‘’Ah ouais ! Et c’est qui ?’’
‘’Steven !’’

Steven ! Evidemment que je le connaissais, ce gars-là ! Il avait intégré le club littéraire. Il y a quelques mois environs…
Comme j’étais perdue dans mes pensées et je tardais à lui écrire, Jenny continuait :
‘’Je l’aime vraiment, tu sais. Je ne t’en ai pas parlé avant parce que j’avais des doutes, mais maintenant, je suis sure de ce que je ressens. Vraiment, je n’aurais jamais cru éprouver ce sentiment après la mort de Junior.’’
Junior, c’était son premier petit ami. Il a perdu la vie lors du séisme le 12 janvier et Jenny avait beaucoup de mal à accepter sa disparition. Et à présent, j’étais contente qu’elle puisse enfin tourner la page.

Mais quelques jours après, j’allais découvrir quelque chose de terrible.
Mes deux amies étaient amoureuses d’un seul et même garçon. Celui-là ne se gênait pas pour entretenir une relation avec les deux, à la fois, les faisant croire à toutes les deux qu’il les aimait. Le pire, c’est qu’elles étaient complètement aveuglées. Elles n’avaient pas cessé de me faire des confidences, de me dire combien elles étaient chanceuse de rencontrer un mec aussi ‘’formidable ‘’. Tu parles !
         A l’époque, je ne fréquentais pas encore l’espace We-Lead et je n’avais pas la moindre idée de toutes les injustices que peuvent subir les filles et les femmes dans la société.
Mais cela n’empêche pas que j’étais révoltée par le fait que mes deux amies se fassent manipuler ainsi par un garçon.

D’un coté, je sentais que c’était pour moi un devoir d’agir, de faire en sorte que cela s’arrête mais de l’autre, je craignais, en ouvrant les yeux à mes amies de les faire souffrir et surtout de perdre leur amitié. Car elles se sentiraient doublement trahies et m’en voudraient surement de m’être tue, pendant si longtemps, sur une telle chose.

De jour en jour, je me sentais plus mal à l’aise vis-à-vis d’elles surtout lorsqu’elles se confiaient à moi. Mais, j’étais malgré moi, obligée de garder  le silence sur ce que je savais.        J’étais confuse.

Qu’auriez-vous fait à ma place ?
                                                              


                                                                                                              A suivre… 

                                                                                                                        Par  Sophonie Maignan.

17 janvier 2012

Histoire de Dayana Etienne


Dayana ETIENNE

J’ai 15 ans. Je vis à Port-au-Prince. Je suis en 3ème  secondaire au Lycée Marie Jeanne. Je suis une forte tête. De mon point de vue, forte tête veut dire que je n’accepte pas n’importe quoi et je n’accepte pas qu’on m’impose des opinions. J’aime le volley-ball, je dessine bien, j’aime la danse, le chant. L’art en général me passionne. Avant, j’étais fermée chez moi. Je répétais des choses comme quoi les femmes doivent être faibles et uniquement destinée à la vie familiale et au mariage.

Je suis une personne qui croyait auparavant que l’homme devait imposer ses lois et les filles devaient abandonner ses rêves pour son mari. Je voyais la société telle qu’on me l’avait présentée. En tant que femme, je croyais que je devais être soumise, faible, une femme au foyer, une femme complète quand a la maitrise des tâches ménagères et les soins à la famille. Je répétais des choses dont je me rendre compte en grandissant grâce au club, que c’était des bêtises.

J’ai connu WE-LEAD grâce à une élève à l’école qui m’a dit connaitre un centre ou on peut faire des recherches importantes sur le net. A l’époque la bibliothèque n’existait pas encore.

La première fois que je suis passée, c’était en mai et WE-LEAD était dans les préparatifs du lancement du club. J’avais sollicité de l’aide pour préparer un devoir de littérature sur Jules Milcent. On m’a appris comment utiliser l’internet pour trouver des résultats et on m’a donné quelques idées pour mon devoir. A mon départ, on m’a invitée à m’inscrire dans un club de débat féministe.

Lors des activités du lancement du club, j’étais une des responsables de communication. J’ai aidé à préparer les lettres, préparer les présentations théâtrales, chanté à la chorale.

Maintenant, ma fréquentation de WE-LEAD s’élève à une moyenne de 7 sur 10. Je fais des recherches, je lis, je participe au club, je joue à mes heures creuses. Je navigue sur internet, j’ai participé au cours d’anglais, de danse etc.

Maintenant, grâce à WE-LEAD, je pense différemment, bref à ma façon. Je crois en l’égalité des sexes. En peu de mots je suis presque une féministe. Je dis presque parce qu’il me faut encore bien comprendre certains concepts et de nouvelles valeurs pour que j’apprenne que je suis une femme qui a ses voies tracées et qui fera son possible pour atteindre ses buts au détriment des pièges de la société pour m’en éloigner.

Je vois bien des choses différemment depuis ma venue à WE-LEAD. WE-LEAD est mon bras droit pour ma position future et mes réactions à la société. Je m’affirme mieux en tant que femme. Je vois les choses comme elles sont et non comme la société me les impose. Je peux défendre ma position dans Certains débats. Bref, je suis devenue femme.

Mes souhaits sont que WE-LEAD élargit ses horizons pour me permettre de continuer à bénéficier de tous ces bienfaits qui m’ont sauvé du gouffre d’une femme poupée, à la merci et à la faveur de tous.

Le 8 décembre dernier, le club avait un grand événement public et des parlementaires invités prenaient la parole. J’ai été très déçue d’entendre certaines personnes qui faisaient des messes basses en admettant n’être jamais égales aux hommes. Pour cela, je souhaite que le club existe toujours et soit à la portée d’un plus grand nombre pour aider les femmes à changer de conduites comme il l’a fait pour moi.